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70 % des chefs d'entreprises prévoient d'accroître les ressources consacrées aux initiatives d'ordre climatique

Les consommateurs et "equity analysts" engendrent de nouvelles tendances en matière d'investissements

Malgré les difficultés économiques et les incertitudes en matière de réglementation, les chefs d'entreprise du monde entier estiment que les changements climatiques exerceront un impact considérable sur les performances et la stratégie des entreprises d'ici quelques années. Tel est le constat de la nouvelle étude d'Ernst & Young - Action amid uncertainty : the business response to climate change -  à laquelle ont participé trois cents cadres ("executives") d'entreprises actives dans 16 pays et enregistrant un chiffre d'affaires d'au moins US$ 1 milliard. D'après cette enquête, les executives vont sans doute consentir des investissements considérables, tant pour réduire les coûts que pour générer des revenus dans les domaines propres aux changements climatiques. Ainsi, 70 % prévoient davantage d'investissements dans des initiatives axées sur le climat entre 2010 et 2012. Près de la moitié pense y consacrer 0,5 % à plus de 5 % de leur chiffre d'affaires. Pour une entreprise dont le chiffre d'affaires dépasse US$ 1 milliard, cela représente une dépense annuelle escomptée de US$ 5 millions à US$ 50 millions.

“Les chefs d'entreprise ne laissent pas le manque de normes et directives mondiales influer sur leurs plans d'investissements liés aux changements climatiques. D'autres stimuli propres au marché, comme l'attention croissante des "equity analysts" envers le changement du climat, demandent également un surcroît d'action et de transparence”, explique Harry Everaerts, Associé en Sustainability Services chez Ernst & Young.

Les investissements dans les changements climatiques prennent forme
Cette tendance provient notamment des consommateurs et des "equity analysts". D'après 89 % des répondants, les entreprises ont accentué leurs activités liées aux changements climatiques suite à l'évolution des besoins de leurs clients. Dans certains secteurs, comme l'automobile, les technologies et les produits de consommation, les entreprises s'accordent à dire que c'est surtout le glissement des préférences du client qui les a incités à agir et innover. Entre-temps, les "equity analysts" évaluent de plus en plus les entreprises compte tenu de leurs réactions face aux changements climatiques. Plus de 40 % des Senior Executives interrogés estiment que les analystes intègrent désormais ce facteur dans leurs évaluations d'entreprises.

L'efficacité énergétique trône en tête de la liste : 82 % des répondants envisagent des investissements sur ce plan au cours des 12 prochains mois. Environ la moitié des répondants confirment qu'ils pensent surtout à de nouvelles entreprises comme des spin-offs ou des sociétés en démarrage.  65 % des executives ont en outre l'intention d'investir en premier lieu dans de nouveaux produits et services.
 “Les executives des différents départements de l'entreprise doivent collaborer entre eux afin d'optimiser les décisions d'investissement. Tant pour les investissements générateurs de chiffre d'affaires que pour ceux susceptibles de réduire les frais d'exploitation, notamment dans la chaîne d'approvisionnement”, explique Harry Everaerts.

Un oeil attentif sur la politique nationale en matière de changements climatiques
94 % des répondants considèrent la politique nationale comme importante ou très importante pour le développement de leur propre stratégie en matière de changements climatiques, bien que 81 % reconnaissent l'importance d'une politique d'envergure mondiale ou internationale.

Il ne sera pas évident de suivre la législation nationale et les mesures d'appui économique relatives aux changements climatiques dans les diverses juridictions. C'est toutefois une nécessité pour de nombreuses entreprises, même celles qui ne se considèrent pas traditionnellement comme des multinationales, en raison de la dépendance mutuelle entre les chaînes d'approvisionnement et les marchés.  Les entreprises devront déterminer les investissements prioritaires afin de saisir les opportunités et de limiter les risques qui découlent du nombre croissant de directives liées aux changements climatiques dans les pays émergents et industrialisés – surtout depuis le Sommet de Copenhague au mois de décembre.    

“Les chefs d'entreprise prudents voient dans le thème du changement climatique de nombreuses opportunités pour accroître leur chiffre d'affaires, réduire leurs coûts et répondre aux attentes de leurs actionnaires. Ils intègrent dès lors leurs réactions aux changements climatiques dans des stratégies de durabilité et plans d'entreprise concrets”, conclut Harry Everaerts.

Quelques autres constats remarquables de cette étude :
•        Dans les économies émergeantes de Chine et d'Inde, les chefs d'entreprise mentionnent le développement de produits comme étant le principal défi dans le cadre de leurs objectifs (respectivement 97 % et 72 %). Les répondants d'Australie, du Canada, des États-Unis, du Japon, d'Allemagne et de France indiquent que la réglementation et la conformité constitueront les principaux défis pour les deux années à venir.
•        Environ 66 % des répondants discutent de programmes liés aux changements climatiques avec leurs fournisseurs, et 36 % collaborent déjà directement avec ces partenaires pour réduire les émissions de CO2 dans leurs chaînes d'approvisionnement.
•        La transparence du rapportage gagne du terrain : 64 % des répondants intègrent les données relatives aux émissions de CO2 dans un rapport d"ESR ou de durabilité annuel. Parmi les entreprises affirmant établir de tels rapports, 62 % font contrôler leurs données par un tiers indépendant.

source: étude Ernst & Young